L’attachement
Spitz était un psychanalyste qui a observé le développement d’enfants au sein d’orphelinats. Il a montré que lorsqu’un bébé reçoit des soins (nourriture, hygiène, sommeil), mais sans relation d’affection (échanges tendres avec la personne qui s’en occupe tel que câlins, chansons, jeu…), le bébé va se déprimer, parfois jusqu’à se laisser mourir. Il a nommé cet état hospitalisme. Il en a ainsi déduit que les affects et les liens affectifs sont vitaux pour le développement de l’enfant.
Une expérience menée par Harlow tend vers les mêmes conclusions. En effet, il a séparé un bébé macaque de sa mère, et lui a proposé des « mères » de substitution. L’une d’elles est faite en fil de fer, et porte un biberon rempli de lait. L’autre est faite de fourrure et ressemble à un macaque adulte, mais ne dispose pas de nourriture.
Il a montré que les bébés singes préfèrent la compagnie de la maman fourrure, ne s’intéressant que rapidement à la nourriture proposée par l’autre. Même si elle ne leur donnait pas à manger, les bébés choisissaient la peluche qui, pour eux, adoptait le rôle de mère.
Pour un développement sain, l’attachement est au moins aussi important que les besoins alimentaires. Mais après réassurance auprès du substitut en chiffon non nourrissant, le singe est capable de repartir explorer son environnement.
Le premier attachement se créé, en général, avec les parents. Mais l’enfant n’étant pas toujours avec ses parents et notamment à la crèche, il a besoin de figures d’attachement de substitution, qui sont les professionnel(le)s qui s’en occupent. Ces professionnel(le)s n’ont donc pas uniquement le rôle de « donneurs de soins », mais également celui de répondre aux besoins affectifs des enfants.
Etapes :
- < 2 mois : signaux indifférenciés aux personnes
- 2 à 7 mois : différenciation progressive des moyens (s’accrocher, sourire, sucer, pleurer, suivre, vocaliser…) et de l’objet (=personne) d’attachement (mère, père, professionnel…).
- > 7 mois : objet (= personne) d’attachement privilégié déterminé
- 3-4 ans : intériorisation de la figure d’attachement
La balance dynamique : la satisfaction des besoins d’attachement permet une base de sécurité afin de rendre possible l’exploration et l’éloignement.
La référence
La première personne avec qui le bébé, arrivant en crèche, va pouvoir tisser ce nouveau lien d’attachement, est la référente. Elle sera le premier repère de l’enfant, qui pourra petit à petit trouver d’autres repères, et ainsi se sentir en sécurité. L’objectif est que chaque enfant se sente aussi bien quand son référent est là que lorsqu’il ne l’est pas. Celui-ci doit donc faire une place aux autres personnes qui entourent l’enfant.
Le rôle du référent est d’assurer le suivi de l’enfant et de ses parents. Il doit :
- Développer une connaissance pointue de l’enfant
- Actualiser cette connaissance
- Assurer la transmission à l’équipe
Ainsi, il pourra garantir la continuité des soins, et permettre l’autonomie et l’efficacité du reste de l’équipe vis-à-vis de cet enfant.
La connaissance qu’il possède sur l’enfant doit être consciemment et nécessairement partagée, et ne doit pas rester exclusive ou réservée.
De cette façon, bien qu’un référent soit nommé, tous les autres professionnels de l’équipe peuvent être amenés à prendre soin de l’enfant en toute sérénité lorsque le référent n’est pas disponible.
Il est cependant préférable, si possible, que le référent soit présent lors des moments privilégiés tels que la sieste, le change ou les repas. Mais cela n’exclue pas la possibilité qu’un autre professionnel prenne en charge ces moments si le besoin de l’enfant ne peut pas attendre la présence de son référent.
Le référent sera également l’interlocuteur privilégié des parents, mais pas l’interlocuteur unique ou exclusif. Il est tout de même important que le lien parent/référent puisse se faire dans un climat de confiance et de sérénité, d’où l’importance de la période d’adaptation qui permet entre autres de créer ce lien.
Les enfants rencontrent lors de leur vie à la crèche divers professionnels. Certains les côtoient de façon régulière et d’autres de façon plus ponctuelle. Tous font partie de leur environnement (auxiliaire, direction, infirmière, psychologue, EJE, ASH, intervenants extérieurs…). Le référent a alors un rôle de lien entres l’enfant et les personnes qu’il va rencontrer au sein de la crèche. Il participe alors à sa sécurité affective, afin que l’enfant puisse rencontrer ces personnes sereinement.
La qualité de l’attachement
La qualité de l’encadrement est nécessaire à la sécurité affective et à une relation d’attachement enfant/professionnel. La qualité de cet accueil est déterminée en fonction du regard respectueux que porte l’adulte à l’enfant, de sa considération et de paroles rassurantes et sécurisantes. L’enfant est une personne avant tout.
L’attachement d’un enfant à une personne de référence en crèche est primordial. Par exemple, lorsque le lien parental est défaillant (trop « fort », trop « faible », instable…), la stabilité et la qualité du lieu d’accueil peuvent y pallier.
La figure d’attachement fonctionne, en principe, comme un havre de sécurité, une source de réconfort et de protection dans un contexte d’activation physiologique ou de menace environnementale, et comme base de sécurité pour l’exploration.
La qualité de l’attachement est le premier pas qui permettra à l’enfant d’évoluer en autonomie et de manière sereine.
– A la naissance, toute situation d’alarme ou de détresse à laquelle l’enfant est confronté déclenche le système dit d’attachement (recherche ou maintien de la proximité d’un individu différencié et sécurisant, familier).
– Dès la 2ème année, l’enfant va pouvoir se contenter de savoir sa figure d’attachement disponible en cas de besoin, sans avoir besoin forcément de sa proximité (par exemple, avoir la personne dans son champ de vision et pouvoir croiser son regard bienveillant).
– A partir de 3-4ans, il se satisfera de son accessibilité.
Ces besoins d’attachement varient bien sur d’un enfant à l’autre, et peuvent varier chez un même enfant en fonction de son état (malade…) et de ses conditions environnementales (difficultés familiales, changements tels qu’un déménagement…).
Il faut souligner que plus l’enfant est sécurisé, plus il osera aller explorer de façon autonome. Il apprend également ainsi à se calmer par lui-même, avec son doudou par exemple.
Cela signifie donc qu’il est généralement bénéfique de se montrer disponible pour un enfant qui réclame de l’attention tel qu’un câlin, un geste ou une parole bienveillante, car une fois rassuré, l’enfant pourra repartir de plus belle à la découverte de son environnement. Petit à petit, il intégrera que l’adulte est là pour lui, et qu’il peut reproduire les processus et sensations qui lui permettent de se rassurer sans nécessairement son contact direct. Il pourra par exemple jeter un simple coup d’œil à l’adulte pour se sécuriser et retourner à son jeu.
Donc plus on répond aux besoins affectifs de l’enfant, plus il parviendra ensuite à s’en détacher. S’attacher pour mieux se détacher.
Cela veut également dire qu’il est important de laisser à l’enfant l’accessibilité au doudou, car c’est une première étape pour lui vers l’apprentissage de l’autonomie émotionnelle (aller chercher seul son doudou pour se rassurer). Certains enfants ont besoin de ce support plus souvent ou plus longtemps que d’autres, et il est important de respecter ce rythme. Supprimer ou restreindre l’accessibilité du doudou à un enfant qui n’est pas encore prêt risque de renforcer son insécurité, et ne va généralement pas accélérer son processus d’intériorisation de ce qui le rassure.
Conditions favorables à un mode d’attachement de qualité dans une garde non parentale :
- Stabilité et personnalisation (référent) de la relation (l’enfant est « un » parmi le groupe, mais également unique dans son identité. La relation avec chaque enfant est donc personnalisée).
- Ajustement individualisé aux besoins de l’enfant
- Place des adultes entourant l’enfant clairement située
- Taille modérée et environnement matériel agréable (espace, bruit…)
- Satisfaction des parents par rapport à ce mode de garde (représentation de leur rôle/de celui de la personne qui garde l’enfant ; statut accordé à leur identité parentale/professionnelle…)
- Politique du pays en matière familiale, de soutien à l’emploi des femmes et aux gardes alternatives.
La gestion des émotions
Cet engagement émotionnel de l’adulte n’est pas simple car les émotions des tout-petits sont intenses voire envahissantes. Elles viennent aussi parfois rencontrer nos propres émotions ou expériences. On peut être agacé, se sentir coupable, pas à la hauteur. C’est souvent ce qui nous pousse à distraire l’enfant de ses émotions, à les ignorer : on cherche à s’en protéger. Mais l’enfant a besoin de l’adulte sinon il se sent abandonné. Ce n’est pas pour punir un enfant qu’on lui demande de s’assoir au calme dans un coin ou près de nous, mais bien pour qu’il s’apaise. L’adulte n’est pas un juge de l’enfant, mais un allié résolument de son côté. Passer le relai à un autre adulte peut s’avérer utile si l’on se sent trop dépassé par ce que l’enfant nous fait vivre. Cela ne remet pas en question notre qualité de professionnel. Au contraire, c’est une façon de protéger l’enfant, et soi-même.
Notons que la capacité à dissimuler des émotions n’apparaît pas avant 3 – 4 ans. Avant, le cerveau des enfants n’est pas suffisamment mature et développé pour le faire. Lorsqu’un enfant témoigne d’une émotion, cela signifie donc que c’est un acte physiologique automatique et difficilement contrôlable pour lui. Notre rôle est donc de l’accompagner dans ses émotions, afin qu’il apprenne à les apprivoiser.
Peu à peu l’enfant trouve d’autres moyens pour s’exprimer, il se sert de plus en plus des modes symboliques : il utilise le jeu puis la parole, son comportement change. Le rôle de l’adulte ici est de lui laisser de la place et du temps, de l’engager à parler plutôt qu’à agir. On peut même concevoir de le laisser faire des jeux violents (qui ne portent pas atteinte aux autres enfants ni à lui-même bien sûr), comme malmener la poupée. Les adultes non plus ne doivent pas se sentir seuls. Ils doivent pouvoir compter sur une équipe : partager pour ne pas être démunis, penser ensemble, être accueillis sans jugement… comme le tout-petit.
Rappel sur les gestes et attitudes à adopter ou non en tant que professionnels auprès des enfants
Tout d’abord, rappelons ce que sont des violences psychologiques auprès des enfants : ce sont toutes les agressions verbales, les dévalorisations, les humiliations, les rejets, exigences excessives, menaces, tout ce qui dénigre l’intérêt de l’enfant. Tout enfant a besoin d’être respecté dans ses besoins et ses désirs spécifiques en tant qu’individu unique en devenir et être humain à part entière, partenaire actif de son développement avec tous ceux qui l’entourent.
La bientraitance, c’est respecter, expliquer, mettre des mots sur leur ressenti, être à
l’écoute des besoins et du rythme de l’enfant dans sa globalité. Afin d’être dans la bientraitance envers les enfants, les professionnels doivent pouvoir nommer leurs émotions et leurs doutes, et donner du sens aux actions qu’ils réalisent.
Quels sont les avantages d’expliquer les choses aux enfants ?
- Considération de l’enfant comme une personne à part entière, comme reconnaissance comme interlocuteur
- Montre l’intérêt/attention de l’adulte sur le point de vue de l’enfant (effort de justification/persuasion…)
- En explicitant les motifs de ses pratiques (ex : interdiction, règles…) à transmission de valeurs et mise en sens pour l’enfant
- Attitude de responsabilisation et d’autonomisation
- Donner confiance à l’enfant dans ses capacités de contrôle
Chaque enfant a une identité propre, et un surnom relève du domaine de sa vie privée. Il est donc important de nommer l’enfant par le prénom que ses parents lui ont donné.
De la même façon, le bisou appartient au domaine de l’intime. Il peut être donné si l’enfant le demande, mais ne doit pas être imposé par l’adulte.
Il peut être difficile de trouver la bonne distance par rapport à l’enfant en tant que professionnel(le) travaillant au quotidien avec celui-ci. Il est donc important de toujours s’interroger quant à notre place au sein de la vie de ces enfants, place qui est avant tout celle de professionnel(le)s. En cas d’interrogation, doute, ou difficulté, ne pas hésiter à se tourner vers la psychologue ou l’EJE afin de discuter votre positionnement, en toute bienveillance.
POINTS SUR LE DEVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT
Communication et compréhension sociale :
| COMMUNICATION | COMPREHENSION SOCIALE | |
| 0 – 6 mois | Accordages sensori-moteurs soi/autrui, différenciation des moyens expressifs | Distinction objet/personnesDiscriminations (perceptives) des émotions |
| 6 – 12 mois | Communication émotionnelle (diversification et conventionnalisation) + attachement | Différenciation des significations émotionnelles ; de personnes à valence spécifique |
| 9 – 24 mois | Formats d’interaction, mise en forme des moyens de communiquer ses intentions (non-verbaux puis verbaux) | Début de prise en compte implicite des états mentaux |
Etapes de la prise en compte des états mentaux
- 0 – 9 mois : Accordage sensori-moteur et partage d’états psychologiques chez le nourrisson (base de l’empathie ?) (exemple : contagion émotionnelle, écho des pleurs…)
- 9 – 30 mois : prise en compte implicite des états mentaux dans des actes de communication intentionnels
- 30 – 36 mois : début de distinction plus explicite d’un monde mental
- 3 – 4 ans : Accès à une théorie de l’esprit explicite
- 7 – 8 ans : Complexification des théories de l’esprit
Etapes de la communication :
- 9 mois : Attention conjointe
- 9 – 12 mois : Taquineries, blagues
- 18 mois : Prise en compte du désir distinct (l’enfant va tendre l’objet du désir de l’autre, même s’il est différent de son propre désir. Avant, l’enfant va donner à l’autre ce qui lui aurait fait plaisir à lui-même et pas forcément à l’autre)
- 20 mois : Faire semblant avec autrui (jeu symbolique)
- 24 mois : Offres d’aide ou de réconfort (projection vers 2 ans, début de décentration vers 3 ans)
- 30 mois : Ruses et tromperies
- 24 – 30 mois : Négociation lors de désaccords (et recherche de compromis)
Dès 20 – 24 mois, l’enfant insiste moins si l’opposition d’un partenaire est accompagnée d’une justification. L’enfant est donc capable d’entendre les explications et arguments, il est alors d’autant plus important de les lui fournir lorsqu’on lui demande quelque chose (expliquer les interdits…).
Développement socio-affectif
| 1 mois | il aime et recherche le contact physique et le toucher; il adapte ses expressions aux situations qui provoquent des émotions. Par exemple, il réagit favorablement au confort et au bien-être alors qu’il pleure lorsqu’il ressent de la douleur ou de l’inconfort. |
| 2 mois | il manifeste des émotions primaires comme la douleur, le dégoût ou le plaisir; il sera en mesure de communiquer ses sentiments par des crises de larmes ou en émettant différents sons. Par exemple, il manifeste sa joie en faisant de petits sons rauques; il sait exprimer ses malaises. Par exemple, il s’agite au son d’un bruit intense; il peut se calmer tout seul en suçant son doigt ou sa suce; il aime être cajolé, et les manifestations d’affection le rassurent. |
| 3 mois | il commence à entrer en relation avec les autres, entre autres par le sourire et le rire; il vous parle à sa façon en produisant une succession de petits sons, par exemple de petits cris aigus; il réagit à la présence de personnes familières et peut se mettre à pleurer ou arrêter de pleurer selon la personne qui le tient dans ses bras, surtout lorsqu’il s’agit de sa mère. |
| 4 mois | il s’agite ou pleure pour attirer l’attention des adultes de son entourage ou lorsqu’il perd leur attention ou un jouet; il bâille et arque le dos ou détourne la tête lorsqu’il en a assez ou qu’il y a trop de bruit; il sourit volontairement aux gens qui l’entourent et ne se limite plus à fixer leur visage; il reconnaît le parent qui s’occupe principalement de lui; il s’intéresse à son parent lorsque celui-ci varie le rythme de sa voix; il manifeste son impatience ou son enthousiasme en respirant bruyamment; il se montre méfiant (arrête de gazouiller et de sourire) ou apeuré (s’agite), se détourne et se blottit alors contre son parent lorsqu’une nouvelle personne vient dans sa direction; il cesse de pleurer au son de la voix de ses parents ou de celle de sa gardienne. |
| 5 mois | il est conscient de la présence de personnes qu’il ne connaît pas et peut alors se montrer méfiant; il s’accroche à son parent lorsqu’il est dans ses bras; il anticipe peu à peu les événements. Par exemple, quand sa mère s’approche de lui, il devine que c’est l’heure du boire; il manifeste ses émotions de façon plus marquée; il repousse quelqu’un qui lui fait quelque chose qu’il n’aime pas comme lui moucher le nez. |
| 6 mois | il exprime davantage sa joie ou sa frustration, par exemple en gloussant de joie; il réagit parfois au timbre émotif de la voix de ses parents; il fait la distinction entre les personnes de son entourage; il sourit quand il voit des personnes qu’il connaît et exprime son malaise devant les gens qu’il ne connaît pas; il commence à se calmer tout seul après avoir été perturbé; il montre clairement ses préférences pour les aliments; il peut être content de jouer seul pendant un moment avec quelques jouets dans son lit ou son parc. |
| 7 à 9 mois | il sait très bien ce qu’il veut ou ne veut pas faire; il ne sourit plus à n’importe quel visage, car il distingue les personnes connues des personnes inconnues; il suit son parent, veut rester près de lui et vit de l’anxiété lorsqu’il en est séparé, manifestant ainsi son attachement envers les personnes qui prennent soin de lui; il se montre effrayé devant de nouvelles expériences, et s’agite ou pleure lorsque l’apparence ou le comportement de son parent est différent; il rit beaucoup parce qu’il découvre qu’il peut le faire à sa guise; il peut avoir un objet préféré (doudou, toutou) qu’il associe à son parent, que ce dernier soit absent ou non; il semble inquiet et sursaute lorsqu’il entend un bruit intense, comme un ballon qui éclate ou un aspirateur en marche, ou lorsqu’on prend une grosse voix. |
| 10 à 12 mois | il arrive peu à peu à aller chercher du réconfort lorsqu’il est perturbé, par exemple il tend les bras pour qu’on le prenne; il sait se montrer triste, joyeux, fâché, apeuré, blessé ou mal à l’aise et sait reconnaître ces émotions chez les autres; il reconnaît de mieux en mieux les différences entre les personnes et commence à les imiter; il sait communiquer son besoin constant d’être vu et entendu par un adulte; il témoigne son affection à l’aide de câlins, de bisous, de caresses et de sourires; il ne manifeste pas de peur devant un enfant qu’il ne connaît pas. |
| 1 an à 1 an ½ | il développe sa confiance en lui, explore, tente de nouvelles expériences et prend des risques lorsqu’un adulte de confiance comme un parent, un grand-parent ou une éducatrice l’accompagne et le rassure; il aime regarder les images d’un livre et est en mesure d’en reconnaître quelques-unes en les pointant si on le lui demande; il se reconnaît dans un miroir ou sur une photo et reconnaît qu’il est une personne à part entière; il donne des câlins et des bisous à ses parents, aux autres personnes de son entourage immédiat et aux animaux de compagnie; il aime monopoliser l’attention de son entourage. |
| 1 an ½ à 2 ans | il commence à montrer une plus grande gamme d’émotions parce qu’il est en train de construire sa personnalité; il peut avoir des sautes d’humeur et adopte certains comportements agressifs comme mordre et frapper; il se préoccupe des autres; il montre qu’il a peur, mais il est capable de se calmer lorsqu’on le réconforte; il est tiraillé entre son besoin d’autonomie et sa dépendance à certaines choses; il défie les personnes de son entourage (parents, éducatrice, etc.), par exemple en sautant sur son lit même s’il sait que cela n’est pas permis; il se méfie toujours des adultes qu’il ne connaît pas, mais il peut accepter de jouer avec un inconnu pourvu qu’une personne de son entourage soit présente. |
| 2 ans à 2 ans ½ | il peut encore être attaché à un animal en peluche ou à son jouet préféré; il joue à faire semblant et il attribue des sentiments et des intentions aux objets comme son toutou; il impose sa façon de faire la plupart du temps, car il est en quête d’autonomie; il se sent sécurisé par les moments de routine; il reconnaît peu à peu son sexe et sait s’il est un garçon ou une fille; il communique ce qu’il ressent par le langage et il aime jouer avec les mots. Par exemple, il rugit comme un lion en colère et il trouve amusant de changer le nom des personnes ou de ses jouets. |
| 2 ans ½ à 3 ans | il est en mesure de s’opposer clairement lorsqu’un changement de routine trop important le dérange; il arrive de plus en plus à montrer de l’empathie, car il tente de comprendre ce que les autres enfants ressentent et d’y réagir. Par exemple, il console un ami qui pleure en lui tapotant le dos; il se sent de plus en plus à l’aise en présence d’inconnus; il veut être autonome et prend de plus en plus d’initiatives, mais comme il craint les nouvelles expériences, l’accompagnement d’un adulte est toujours nécessaire; il cherche l’approbation des autres et leurs encouragements. |

